Mon Acouphènen’est pas une fatalité

Perte auditive et acouphène : le lien, les types de surdité, et ce qu’il faut faire

Par Stéphane, acouphènes depuis 2010 Mis à jour le 3 min de lecture

En bref

  • Un acouphène s’accompagne très souvent d’une perte auditive, même légère ou limitée aux aigus.
  • Il existe trois grands types de surdité : de transmission, de perception, et mixte. L’audiogramme fait la différence.
  • Une perte peut se cacher dans les très hautes fréquences ou n’apparaître que dans le bruit : la HAS recommande de les rechercher.
  • Protéger ce qui reste d’audition est le meilleur moyen de ne pas aggraver l’acouphène.

Quand l’oreille transmet moins de signaux sur certaines fréquences, le cerveau augmente sa sensibilité pour compenser, et cette activité amplifiée peut être perçue comme un son. C’est l’explication la plus admise du lien entre perte auditive et acouphène. D’où l’importance de savoir si, et comment, votre audition a baissé.

Les trois types de surdité

La HAS demande que le bilan précise le type de perte auditive : perceptive, transmissionnelle ou mixte[1].

Type Où est le problème Causes fréquentes
Surdité de transmission Oreille externe ou moyenne : le son passe mal jusqu’à l’oreille interne Bouchon de cérumen, otite, perforation du tympan, otospongiose
Surdité de perception Oreille interne (cochlée) ou nerf auditif Âge (presbyacousie), bruit, certains médicaments, maladie de Ménière, surdité brusque
Surdité mixte Les deux à la fois Association des causes ci-dessus

Une surdité de transmission se soigne souvent (retrait d’un bouchon, traitement d’une otite, chirurgie dans certains cas), et l’acouphène qui l’accompagne peut alors disparaître. Une surdité de perception est en général définitive, mais elle se compense.

Les pertes qu’on ne voit pas sur un audiogramme standard

  • Les très hautes fréquences : l’audiogramme standard s’arrête à 8 000 Hz. Quand il est normal, la HAS recommande de tester au-delà avant 60 ans[1].
  • La « surdité cachée » : on entend bien les sons purs dans le silence, mais on comprend mal la parole dans le bruit. La HAS recommande une audiométrie vocale dans le bruit quand l’audiogramme est normal[1].

Testé par moi

Ma perte auditive est légère et se situe dans les très hautes fréquences, vers 9 500 Hz. Mon acouphène est un sifflement aigu, identique dans les deux oreilles.

Pour lire vos résultats, voir lire son audiogramme.

La perte due au bruit

Le bruit est l’une des grandes causes évitables de perte auditive et d’acouphène. Une exposition prolongée (travail bruyant, musique forte au casque) ou un seul bruit très violent peut léser les cellules de l’oreille interne. Sur l’audiogramme, elle se traduit souvent par une encoche autour de 4 000 Hz. La HAS demande aux médecins de rechercher une profession exposée au bruit, et de conseiller une protection adaptée[1]. Voir aussi acouphène après un choc ou un bruit violent.

La perte liée à l’âge

La presbyacousie touche d’abord les aigus, des deux côtés, progressivement. Elle explique en partie pourquoi l’acouphène devient plus fréquent avec l’âge : selon la HAS, il concerne jusqu’à 31,4 % des 60-69 ans[2].

Ce qu’il faut faire

  • Faire un bilan auditif complet chez un ORL : c’est la première étape recommandée face à tout acouphène. Voir quel médecin consulter.
  • Si la perte est réelle (plus de 20 dB en moyenne), un appareil auditif est la thérapie sonore de référence pour la HAS, avec un essai de deux mois. Voir appareil auditif et acouphènes.
  • Protéger son audition : bouchons ou casque antibruit dans le bruit fort, volume du casque audio raisonnable, pauses au calme. Sans pour autant fuir tout bruit : le silence total fait ressortir l’acouphène.
  • Consulter en urgence en cas de baisse d’audition brutale : un traitement précoce peut permettre de récupérer.

Sources

  1. Haute Autorité de santé, Acouphènes invalidants chez l’adulte : diagnostic et prise en charge, recommandations, juin 2026, chapitres 1.1, 1.7 et 1.9.
  2. Haute Autorité de santé, communiqué du 16 juillet 2026.