Mon Acouphènen’est pas une fatalité

Lire son audiogramme quand on a un acouphène

Par Stéphane, acouphènes depuis 2010 Mis à jour le 4 min de lecture

En bref

  • L’audiogramme indique, pour chaque fréquence, le son le plus faible que vous entendez. Plus la courbe descend, plus l’audition baisse.
  • Rond rouge : oreille droite. Croix bleue : oreille gauche.
  • Jusqu’à 20 dB, l’audition est considérée comme normale.
  • Un audiogramme standard s’arrête à 8 000 Hz. La HAS recommande de tester au-delà quand il est normal : c’est souvent là que se trouve la perte associée à l’acouphène.

L’audiogramme est l’examen que tout patient avec un acouphène devrait passer : la HAS le recommande dans tous les cas[1]. On repart souvent avec la feuille sans vraiment savoir la lire. C’est d’ailleurs ce graphique qui a inspiré le dessin de ce site.

Comment l’examen se passe

Dans une cabine insonorisée, avec un casque, vous signalez chaque fois que vous entendez un son. L’appareil diminue le volume jusqu’à trouver le plus faible que vous percevez, fréquence par fréquence. On teste d’abord par le casque (conduction aérienne), puis avec un vibreur posé derrière l’oreille (conduction osseuse), qui fait passer le son directement à l’oreille interne.

Lire le graphique

  • À l’horizontale, les fréquences, en hertz (Hz) : des graves à gauche (125 ou 250 Hz) aux aigus à droite (8 000 Hz). La parole se situe surtout entre 500 et 4 000 Hz.
  • À la verticale, le niveau, en décibels (dB HL) : 0 en haut, des valeurs croissantes vers le bas. Un point placé bas signifie qu’il faut un son fort pour l’entendre.
  • Les symboles : un rond rouge pour l’oreille droite, une croix bleue pour l’oreille gauche, en conduction aérienne. Les crochets ou les chevrons indiquent la conduction osseuse.

Les niveaux de perte auditive

La perte tonale moyenne se calcule sur 500, 1 000, 2 000 et 4 000 Hz. La classification de référence en France, celle du Bureau international d’audiophonologie (BIAP), à laquelle se réfère la HAS[2] :

Perte tonale moyenne Niveau Au quotidien
Jusqu’à 20 dB Audition normale Aucune gêne, même à voix basse
21 à 40 dB Perte légère Voix faible ou lointaine mal perçue
41 à 70 dB Perte moyenne Il faut parler fort
71 à 90 dB Perte sévère Seule une voix forte, près de l’oreille, est perçue
Plus de 90 dB Perte profonde La parole n’est plus perçue

Ce seuil de 20 dB compte : pour la HAS, l’appareil auditif devient la thérapie sonore de référence contre l’acouphène quand la perte tonale moyenne dépasse 20 dB[1]. Voir appareil auditif et acouphènes.

Les formes de courbe à connaître

  • Courbe plate, en haut : audition normale sur les fréquences testées.
  • Courbe qui descend vers les aigus : perte progressive des aigus, typique de l’âge (presbyacousie).
  • Encoche autour de 4 000 Hz, avec une remontée ensuite : signature classique d’une perte due au bruit.
  • Écart entre aérien et osseux : le son passe mal par l’oreille externe ou moyenne (bouchon, otite, otospongiose). On parle de surdité de transmission.
  • Différence nette entre les deux oreilles : elle justifie une IRM, selon la HAS[1].

Et si l’audiogramme est normal ?

C’est fréquent avec un acouphène. Deux examens complémentaires peuvent alors révéler ce qui échappe à l’audiogramme standard, et la HAS les recommande[1] :

  • Les hautes fréquences, au-delà de 8 000 Hz, à tester avant 60 ans quand l’audiogramme standard est normal.
  • L’audiométrie vocale dans le bruit : une difficulté à comprendre la parole dans le bruit peut trahir une « surdité cachée » que l’audiogramme ne montre pas.

Testé par moi

Ma perte se situe vers 9 500 Hz, au-delà des fréquences de l’audiogramme standard et de celles qui servent à calculer la perte tonale moyenne. C’est cette encoche que dessine le logo du site.

L’acouphénométrie, l’examen qui rassure

L’ORL ou l’audioprothésiste peut aussi mesurer votre acouphène : sa hauteur (en Hz) et son volume (en dB), en vous faisant comparer avec des sons de référence. La HAS conseille cet examen lors du bilan initial, surtout en cas d’anxiété. Le volume mesuré est souvent proche du seuil d’audition : savoir que ce son qui semble envahissant ne dépasse que de quelques décibels le seuil d’audition aide à le relativiser[1].

Pour la suite du bilan et les autres examens, voir quel médecin consulter, et quels examens attendre.

Sources

  1. Haute Autorité de santé, Acouphènes invalidants chez l’adulte : diagnostic et prise en charge, recommandations, juin 2026, chapitres 1.7, 1.8 et 2.2.
  2. Bureau international d’audiophonologie, recommandation 02/1 sur la classification audiométrique des déficiences auditives.