Dormir malgré les acouphènes : ce qui m’aide, et ce que dit la HAS
En bref
- L’acouphène gêne l’endormissement, et le manque de sommeil l’aggrave en retour : c’est un cercle vicieux.
- Un bruit de fond dans la chambre est l’aide la plus simple : le silence fait ressortir le sifflement.
- Des horaires réguliers et des nuits suffisantes comptent autant que les astuces du soir.
- Si l’insomnie s’installe, parlez-en à votre médecin : la thérapie comportementale de l’insomnie, et parfois un médicament, se discutent.
Si je ne devais donner qu’un conseil, ce serait celui-là : dormez. Pendant un pré-burn-out, l’intensité de mon acouphène a triplé. Il a reculé quand j’ai commencé à me coucher beaucoup plus tôt, jusqu’à des nuits de neuf heures au minimum. Aujourd’hui encore, il monte dès que je dors mal.
Pourquoi l’acouphène et le sommeil s’opposent
Le soir, les bruits du quotidien disparaissent et l’acouphène se retrouve seul. Plus on l’écoute en essayant de s’endormir, plus il paraît fort, et plus l’endormissement recule. La fatigue du lendemain rend ensuite l’acouphène plus présent. La HAS demande d’ailleurs aux médecins d’interroger systématiquement la qualité du sommeil, avec un questionnaire d’insomnie et un agenda du sommeil si besoin[1].
Le bruit de fond, première aide
La HAS conseille de ne pas s’isoler totalement du bruit, car le silence favorise l’amplification de l’acouphène[1]. La nuit, c’est là que ça compte le plus :
- un ventilateur ou un purificateur d’air ;
- une enceinte avec bruit rose, pluie ou vagues, à faible volume, avec arrêt programmé ou en continu ;
- une musique douce et régulière pour l’endormissement ;
- des écouteurs ou un bandeau sonore conçus pour dormir, si vous partagez la chambre.
Le volume doit rester bas : couvrir en partie le sifflement, pas le noyer. Plus de détails dans bruit blanc, musique, sons de la nature.
Les habitudes qui comptent
- Des horaires réguliers, y compris le week-end, et un temps de sommeil suffisant.
- Moins d’excitants le soir : café, alcool, repas lourds.
- Une activité physique régulière, plutôt en journée : la HAS l’encourage pour le stress et l’anxiété[1].
- Un rituel de coucher calme, sans écran juste avant, mais pas dans le silence total.
- Ne pas rester au lit à ruminer : si le sommeil ne vient pas, se lever un moment, lumière douce, activité calme, puis revenir.
Testé par moi
Ce qui m’aide vraiment : me coucher plus tôt et dormir davantage, faire du sport régulièrement, boire moins de café et d’alcool. Le bruit blanc, la musique pour m’endormir et la mélatonine m’aident un peu. Les soirs de forte crise, je prends un anxiolytique prescrit par mon médecin avant de me coucher. La méditation dans le silence, en revanche, a empiré les choses.
Mélatonine et médicaments
La HAS ne recommande aucun complément alimentaire contre l’acouphène lui-même, mais admet que la mélatonine peut être envisagée pour les troubles du sommeil associés, après une évaluation individuelle et en tenant compte des interactions, notamment avec les antidépresseurs[1]. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
Quand l’insomnie, l’anxiété ou la dépression s’installent, la HAS recommande que le médecin prescrive un traitement adapté, toujours avec un suivi psychologique et une information sur sa durée et ses effets secondaires[1]. Les somnifères et anxiolytiques ne sont pas faits pour être pris au long cours sans suivi.
Quand l’insomnie s’installe
Si vous dormez mal plusieurs nuits par semaine depuis des semaines, parlez-en à votre médecin traitant. La thérapie cognitive et comportementale, déjà la seule approche dont l’efficacité est démontrée sur la gêne liée à l’acouphène, existe aussi dans une version consacrée à l’insomnie. Elle agit sur les habitudes et les pensées qui entretiennent les mauvaises nuits. Voir les traitements des acouphènes et acouphène, stress et anxiété.
Sources
- Haute Autorité de santé, Acouphènes invalidants chez l’adulte : diagnostic et prise en charge, recommandations, juin 2026, chapitres 1.1, 1.9, 2.5 et 2.7.