Mon Acouphènen’est pas une fatalité

Massage, réflexologie, ostéopathie, chiropractie : que valent-elles contre l’acouphène ?

Aucune preuve Par Stéphane, acouphènes depuis 2010 Mis à jour le 3 min de lecture

En bref

  • Aucune étude sérieuse ne montre que la réflexologie, les massages, l’ostéopathie ou la chiropractie réduisent un acouphène en général.
  • Exception : l’acouphène « somatosensoriel », qui varie quand on serre les dents ou qu’on bouge la nuque. Des traitements de la mâchoire et des cervicales peuvent alors aider.
  • Dans ce cas, la HAS oriente vers des professionnels de santé : dentiste, kinésithérapeute, orthophoniste, rhumatologue.
  • L’acupuncture n’est pas recommandée par la HAS.

Ces approches sont parmi les plus recherchées avec le mot « acouphène ». Elles ont un point commun rassurant : elles sont rarement dangereuses. Mais elles coûtent du temps et de l’argent, et elles ne marchent que dans un cas bien précis.

Le cas où elles peuvent servir : l’acouphène somatosensoriel

Chez certaines personnes, l’acouphène change (de volume, de hauteur) quand on serre les mâchoires, qu’on tourne ou qu’on penche la tête, ou qu’on appuie sur certains muscles du cou ou du visage. On parle d’acouphène somatosensoriel : le système auditif est influencé par les nerfs de la mâchoire et de la nuque.

La HAS demande aux médecins de rechercher ces facteurs : douleurs ou blocages de la mâchoire (articulation temporo-mandibulaire), grincement des dents (bruxisme), problèmes cervicaux, acouphène qui varie selon la position[1]. Un petit test à faire soi-même : serrez fort les dents, poussez la mâchoire en avant, tournez la tête à fond de chaque côté. Si le son change nettement, parlez-en à votre médecin.

Dans ce cas, la HAS recommande d’orienter vers des professionnels de santé formés aux thérapies manuelles : dentiste, orthophoniste, spécialiste de l’occlusion dentaire, stomatologue, rhumatologue, kinésithérapeute[1].

Une revue systématique de 2016 a trouvé des effets positifs des traitements des cervicales (manipulations, exercices, traitement des points douloureux) sur la sévérité de l’acouphène somatosensoriel. Mais les études étaient peu nombreuses et à risque de biais, et les auteurs demandent des essais plus solides[2].

Approche par approche

Approche Niveau de preuve Ce qu’on sait
Kiné des cervicales ou de la mâchoire Faible Utile seulement si l’acouphène est somatosensoriel
Ostéopathie Aucune Pas d’étude contrôlée de qualité sur l’acouphène
Chiropractie Aucune Quelques cas rapportés, aucune étude contrôlée
Massage Aucune Détente possible, aucun effet démontré sur le son
Réflexologie plantaire Aucune Aucune étude ; le principe (des zones du pied reliées à l’oreille) n’a pas de base anatomique
Acupuncture Aucune Non recommandée par la HAS ; envisageable pour une douleur associée

Pour l’acupuncture, la HAS précise qu’elle n’est pas recommandée pour la prise en charge spécifique de l’acouphène, faute de preuves suffisantes sur son efficacité et sa sécurité, mais qu’elle peut se discuter pour une douleur associée, avec un effet indirect possible[1].

Testé par moi

Ostéopathe, chiropracteur, massages, acupuncture, et un kinésithérapeute spécialisé de la mâchoire : aucun effet sur mon acouphène. Je n’ai pas essayé la réflexologie.

Avant de prendre rendez-vous

  • Faites le test de la mâchoire et de la nuque décrit plus haut, et parlez-en à votre médecin ou à votre ORL.
  • Privilégiez un professionnel de santé (kinésithérapeute, dentiste) pour une prise en charge remboursée et encadrée.
  • Fixez-vous une limite : si rien ne change après quelques séances, ce n’est probablement pas la bonne piste.
  • Fuyez les promesses de guérison et les forfaits payés d’avance.

Pour toutes les autres options, avec leur niveau de preuve, lisez traitements des acouphènes : ce qui marche, ce qui ne marche pas.

Sources

  1. Haute Autorité de santé, Acouphènes invalidants chez l’adulte : diagnostic et prise en charge, recommandations, juin 2026, chapitres 1.1 et 2.6.
  2. Michiels S. et al., The Effect of Physical Therapy Treatment in Patients with Subjective Tinnitus: A Systematic Review, Frontiers in Neuroscience, 2016.