Mon Acouphènen’est pas une fatalité

Sophrologie, relaxation, méditation : ce qu’elles font vraiment contre l’acouphène

Preuve faible Par Stéphane, acouphènes depuis 2010 Mis à jour le 4 min de lecture

En bref

  • Ces approches ne réduisent pas le son lui-même. Elles agissent sur ce qui l’entoure : stress, anxiété, sommeil, concentration.
  • La HAS ne les recommande pas comme traitement de l’acouphène, mais admet qu’elles peuvent aider en complément d’un autre suivi.
  • La méditation de pleine conscience a les données les plus encourageantes, notamment pour les gênes légères à modérées.
  • Attention au silence : il fait ressortir l’acouphène. Pratiquez avec un bruit de fond.

L’acouphène et le stress s’entretiennent l’un l’autre. Il est donc logique de chercher du côté de la détente. Mais une séance de sophrologie ne fera pas baisser le volume du sifflement, et ceux qui le promettent vous mentent. Voici ce qu’on peut raisonnablement en attendre.

Ce que dit la HAS

Haute Autorité de santé, juin 2026

  • Sophrologie, hypnose, neurofeedback : les preuves sont insuffisantes pour les recommander de façon systématique dans la prise en charge de l’acouphène.
  • En complément, ces approches peuvent aider à gérer les troubles qui accompagnent l’acouphène, en particulier l’anxiété, les troubles du sommeil, le stress ou les troubles de la concentration.
  • Pleine conscience et thérapie d’acceptation et d’engagement : elles peuvent être proposées quand la gêne est légère à modérée (score THI de 36 ou moins).
  • Relaxation, cohérence cardiaque, hypnose, sophrologie : citées comme interventions complémentaires de régulation du stress, au sein d’un parcours de soins.

Source[1].

La HAS signale aussi qu’il existe en France un réseau de sophrologues spécifiquement formés à l’acouphène, dont certains travaillent au sein d’équipes pluridisciplinaires.

Ce que disent les études

Méditation de pleine conscience. Un essai randomisé britannique de 2017 a comparé, chez 75 patients, un programme de pleine conscience de huit semaines (MBCT) à une relaxation intensive de même durée. Les deux groupes se sont améliorés : gêne, détresse, anxiété, dépression. La pleine conscience a fait un peu mieux sur la sévérité de l’acouphène[2]. C’est un seul essai, de taille modeste, mais il est sérieux.

Sophrologie. Aucune étude contrôlée de qualité n’a évalué la sophrologie sur l’acouphène. Ce qu’on en dit repose sur des témoignages et sur les effets connus de la relaxation sur le stress.

Relaxation. Elle sert souvent de groupe de comparaison dans les essais, et elle améliore elle aussi le vécu. Rien ne montre qu’elle agisse sur l’acouphène lui-même.

Pour mémoire, la seule approche psychologique dont l’efficacité est démontrée est la thérapie cognitive et comportementale. Elle est présentée dans traitements des acouphènes.

Le piège du silence

La plupart des exercices de méditation et de relaxation se font au calme. Or le silence fait ressortir l’acouphène. La HAS le rappelle : les environnements très silencieux favorisent l’apparition ou l’amplification de l’acouphène, et il est conseillé de ne pas s’isoler totalement du bruit[1].

Testé par moi

La méditation a empiré les choses. Dans le silence, l’intensité relative de mon acouphène augmente : il n’y a plus que lui.

Je n’ai pas essayé la sophrologie ni l’hypnose. Le bruit blanc et la musique douce pour m’endormir, eux, m’aident un peu.

Comment essayer sans se faire avoir

  • Fixez le bon objectif : dormir mieux, être moins tendu, moins focalisé sur le bruit. Pas faire disparaître l’acouphène.
  • Gardez un fond sonore pendant les exercices : bruit blanc, pluie, musique très douce. Si une séance vous fait davantage entendre le sifflement, dites-le au praticien.
  • Choisissez un praticien formé à l’acouphène, idéalement en lien avec un ORL ou une équipe pluridisciplinaire. Une association de patients comme France Acouphènes peut vous orienter.
  • Comptez le coût : la sophrologie n’est pas remboursée par l’Assurance maladie. Certaines complémentaires santé prennent en charge quelques séances.
  • Méfiez-vous des promesses : « guérison », « méthode exclusive », demande d’arrêter un suivi médical, forfait cher payé d’avance. La HAS rappelle le risque de dérives sectaires et renvoie vers les informations de la Miviludes[1].

Des applications de pleine conscience ou de cohérence cardiaque permettent de tester gratuitement, à condition de garder un bruit de fond.

Sources

  1. Haute Autorité de santé, Acouphènes invalidants chez l’adulte : diagnostic et prise en charge, recommandations, juin 2026, chapitres 1.9, 2.1 et 2.5.
  2. McKenna L. et al., Mindfulness-Based Cognitive Therapy as a Treatment for Chronic Tinnitus: A Randomized Controlled Trial, Psychotherapy and Psychosomatics, 2017.